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Le Grand Tasting, organisé par Bettane & Desseauve, auteurs du Grand Guide des Vins de France, a eu lieu les 6 et 7 Décembre 2013 au Carroussel du Louvre. C’est LE rassemblement pour les grands noms du vin et donc l’occasion de découvrir de jeunes vignerons talentueux ou alors des grands vins aux noms mythiques.
Un pur blog d’amateur de vin se devrait de relater à ses lecteurs les dernières trouvailles qu’il a repérées au salon : «la cuvée spéciale de Jean-Paul Vigneron du domaine Desvignes aux accents de cerises noires révèle une belle attaque et une acidité marquée … »
Une autre manière de parler du Grand Tasting serait de traiter des ateliers proposés en parallèle du salon (MasterClass, Ecole des terroirs …) qui, pour le coup, doivent être vraiment enrichissants. L’année prochaine peut être …
Mais l’affiche était trop belle pour ne pas y aller, l’occasion trop rare pour ne pas en profiter, la tentation trop forte pour ne pas y succomber : nous, cette année, on se concentre sur les grands noms : les classiques dont la réputation dépasse nos frontières et que nos finances ne nous permettent pas d’avoir au pti déj (ni même au diner d’ailleurs).

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Bollinger GA

Arrivée à 10h40, 10 minutes après l’ouverture, on se dirige vers le stand 164 pour déguster le champagne de James Bond. Principalement élaboré à partir de pinot noir, c’est un champagne référence à la bulle fine très aromatique. Issus principalement de parcelles grand cru et premier cru, Bollinger s’attache à conserver ses vins en cave 2 fois plus longtemps que la législation l’impose (soit 3 ans au lieu de 15 mois). Ce qui en fait des vins aux accents de fruits mûrs mais aussi de brioche. Bref un must … Et quand on nous permet d’accéder aussi à La Grande Année de Bollinger 2004, on est ravi : un vieillissement encore plus long pour ce millésimé avec un passage en fût qui cette fois montre des notes toastées et un fruit mûr voir compoté. Un champagne de repas que l’on pourra servir accompagné d’un foie gras, d’un poisson grillé voir de homard.

 

On se dirige ensuite vers une autre maison de champagne toujours haut de gamme mais au style résolument différent. Un champagne à la bulle fine (j’aime bien les fines bulles qui caressent le palais plutôt que celles qui explosent en bouche) issu de la plus vieille maison de Champagne : Ruinart. Là aussi on est plus que bien reçu : une première dégustation de la version classique (R de Ruinart), fraîche, intensément aromatique. Puis on nous propose de déguster le Dom Ruinart (2002, grande année pour le Champagne) : des notes de fleurs blanches et assez minéral, principalement composé de Chardonnay et récemment dégorgé (soit un vieillissement de près de 10 ans), il est subtil et très frais. Faudra que je pense à m’en commander une dizaine de caisses (A environ 130€ la bouteille ça me fait … 27 et je retiens 5 … on verra en fait !!).

 

Voilà près d’une heure qu’on est au Grand Tasting, fini l’apéro, passons aux choses sérieuses. Direction la Bourgogne avec le stand jouxtant celui de Ruinart, chez Louis Jadot, avec la dégustation de la première parcelle achetée en 1826 : le Beaune Premier Cru Clos des Ursules. Un 100% pinot noir au nez frais et fruité d’une bonne intensité. Le millésime 2007 gouté révèle des notes de cerises et d’épices avec une belle longueur.  Mais n’ayons pas peur de le laisser en cave encore quelques années.

 

Puis vint le temps de se confronter à la région bordelaise avec 3 dégustations qui m’ont spécialement marqué. Chateau CanonLa première nous a permis de découvrir un Premier Grand Cru classé B : le Château Canon. Ce Château, possédé par la famille Wertheimer (maison Chanel) depuis 1996, nous a fait goûter sa collection 2004 et 2006. Ces 2 millésimes à la robe intense dégagent un parfum délicat au boisé discret. En 2012, il a été confirmé 1er Grand Cru classé B et fait ainsi partie de la Haute Couture du St Emilion (mais quel humour !!).

Puis nous sommes allés au stand du Château La Lagune où la dégustation du millésime 2011 a montré un vin bien charpenté avec une belle longueur. On aurait aimé avoir un 2009 ou un 2010 mais on est déjà très heureux. Un 2011 qui se profile peut être comme un 2007 : une jeunesse pas facile mais qui se révèle avec les années (… l’histoire de ma vie !!!). A noter la présence de Caroline Frey, l’œnologue du château, passionnante très humble malgré toutes ses apparitions télévisuelles.

On reste sur la rive gauche avec, pour moi, le coup coeur de ce salon : le Château Brane-Cantenac, 2nd Grand Cru classé en Margaux. Le millésime 2000 était proposé à la dégustation : noté 92/100 par Robert Parker, ce millésime, s’exprime sur des notes de fruits noirs et d’épices. En bouche, ce vin élégant est bien équilibré et offre une bonne longueur. Il peut être bu maintenant mais continuera d’évoluer agréablement au fil des ans.

 

Après cela le salon n’était plus pareil ; nous sommes allés sur plusieurs autres stands mais moi j’étais resté chez Brane-Cantenac. D’ailleurs après cet épisode, j’étais tellement troublé que j’ai même oublié plusieurs fois de recracher ce qui m’était proposé. Je vous passerai donc le récit des visites suivantes.

 

A bientôt,

 

Julien pour TheWineSpirit